Québec Soul #4 - François Carel
Mise à jour - Grâce à l'article que vous vous apprêtez à lire, maintenant mis à jour, mais paru à l'origine en décembre 2012, François Carel s'est manifesté auprès de Vente de garage, mais également auprès de Mondo PQ et Psyquébélique, afin de sortir de l'ombre, après 40 ans de mutisme à propos de sa carrière sur disque. C'est donc un honneur et privilège de pouvoir vous fournir ici une biographie et discographie aussi complète que possible de l'oeuvre d'un des génies oubliés de la musique québécoise, spécialiste du soul, jazz et rythmn and blues. Cet article met donc en lumière la discographie complète de François Carel, en tant qu'artiste, ainsi qu'une sélection impressionnante démontrant la variété et la qualité de ses productions musicales.
Un génie oublié
Quoi que certains de ses disques soient bien en vue sur le radar des collectionneurs, François Carel demeure relativement sous-estimé ou, à tout le moins, méconnu. S'il fut UN génie du rythmn and blues au Québec, au cours des années 60, c'est bien lui. François Carel fut, en quelques sortes, le Ramsey Lewis du Québec, sa production alliant jazz, rythmn and blues et adaptations populaires.
Il fut tour à tour (ou tout à la fois) auteur, compositeur, interprète, claviériste, arrangeur, réalisateur et directeur artistique. Le son de François Carel se distingue facilement soit par son orgue parfois dissonant, voir agressif, soit par son piano très jazzé. Ses arrangements reviennent souvent à un rythme syncopé, jerk ou jazz-à-gogo. En d'autres mots, s'il est un compositeur Mod au Québec, c'est assurément lui (un article de 1967 mentionne d'ailleurs qu'il s'habillait très "London style"). François Carel composait pour lui-même et pour les autres. Et la qualité de ses compositions est surprenante.
Les années de formation
Né d'un père saxophoniste et d'une mère pianiste autodidacte habitant le quartier du Faubourg à Mélasse, anciennement situé dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, Raymond St-Jean de son vrai nom voit le jour en avril 1946. Dès l'âge de 5 ans, il prend des cours d'accordéon. Dès lors, il se produit dans des concours amateurs et remporte régulièrement des honneurs. Vers l'âge de 10 ans, il est au centre du Trio Ray Jean, avec qui il remplit des engagements dans les mariages et autres fêtes. C'est de manière autodidacte qu'il apprend le piano et l'orgue. Il lui est notamment permis de pratiquer l'orgue à l'Église de son quartier. Son trio évolue en quintet et son répertoire évolue au cours de son adolescence, alors qu'il est engagé dans certains cabarets de la Métropole, toujours sous la supervision de ses parents qui l'accompagne, puisqu'il n'a pas l'âge de fréquenter ce genre d'établissement. Au début des années 60, il part pour Boston où il étudie en musique à Berklee. En 1965, de retour au Québec, il lance son premier disque sur étiquette Tournesol. Il n'avait alors que 16 ans et était membre du groupe Les Maniboulas.
Son premier disque à saveur pop Chante Heigh Ho / Ne me dis pas, lancé en 1965, est fort oubliable. Par contre, son second effort comprend la composition originale Tu étais trop jolie sur laquelle on commence à déceler le ton et la signature uptempo de François Carel. C'était en 1966.
Quelque part entre 1965 et 1966, il se joint au groupe Les Monstres, de Marc Hamilton. Déguisé en fantôme de l'opéra, il ajoute de l'orgue Farfisa au son des Monstres.À droite: Les Monstres; François Carel et Marc Hamilton en concert en 1966, derrière l'orgue Farfisa de Carel.
François Carel, le chanteur
En 1967, agé d'à peine 20 ans, François Carel entame une série de cinq 45 tours lancés de suite sur étiquette Carrousel. Il s'agit du sommet de sa création. Il les enregistre tous avec un groupe qu'il nomme "ses amis". Ces "amis" sont en fait Bill Gagnon, bassiste émérite qui jouera plus tard avec Robert Charlebois et deviendra éventuellement un membre du noyau central de Ville-Émard Blues Band, ainsi que Bill Léger, à la batterie. Pierre Laurendeau complétait le groupe, en quelques sortes, en tant que producteur. Le guitariste du groupe changeait régulièrement. Ainsi, un jeune Michel Robidoux (notamment guitariste de l'Osstidcho) puis Red Mitchell (qui jouera plus tard entre autres avec Diane Dufresne), passent par les rangs de l'orchestre de François Carel.
Essentiellement, François Carel et ses amis étaient un trio rythmn and blues, exactement comme le Ramsey Lewis Trio l'était. Parmi ses influences, Carel cite Jimmy Smith et Brother Jack McDuff, mais il mentionne le Ramsey Lewis Trio fut sa plus forte influence pour ses chansons Montréal '67 et Ya ba da ba dou.

Dès son premier 45 tours lancé sur étiquette Carrousel, Carel démontre tout son génie avec un morceau instrumental jazz/rythmn and blues d'une rare qualité, dédié à l'Expo '67, Montréal '67. Ici, il démontre toute sa dextérité et son inventivité en tant que pianiste, proposant une composition résolument moderne et rafraîchissante, inspirée par des sons venus d'ailleurs, à l'image même de l'exposition universelle que Montréal s'apprêtait à recevoir. La barre est haute pour la suite.

Sa face B, Ya ba da ba dou, dont le titre fait référence au fameux cri de joie de Fred Cailloux dans l'émission Les Pierrafeu, se voulait également une dédicace à un animateur de radio de Montréal qui avait pour habitude de crier "Ya ba da ba dou" en ondes. Côté musique, on se retrouve dans le même ton jazzé et rythmn and blues de Montréal '67. À vrai dire, la face B aurait tout simplement pu être identifiée comme la continuité ou la "Part 2" de Montréal '67, et on n'y aurait vu que du feu. Encore une fois, du génie.

Puis vient le 45 tours incluant Je t'en prie Marie et Je me fous de tout. Selon les souvenirs de François Carel, il s'agirait du premier 45 tours qu'il aurait enregistré pour Carrousel. Peut-être a-t-il été lancé avec un délai? Je t'en prie Marie est un bon morceau de rythmn and blues avec une touche Mod. Selon M. Carel, la chanson s'est retrouvée au #1 de la station CJMS de Montréal durant quelques semaines.

Sur l'autre face, Je me fous de tout présente un rythme upbeat ravageur et des cris stridents clairement influencés James Brown. Il s'agit probablement d'un de ses morceaux les plus sous-estimés. Il s'agit d'un autre sommet dans l'oeuvre de François Carel en tant que chanteur. Ce 45 tours est relativement courant, probablement dû au fait qu'il s'est installé au sommet du palmarès de CJMS, et se vend pour des sommes fort raisonnables. Fortement recommandé.

Carel commet ensuite le disque qui lui a valu une certaine reconnaissance internationale, il y a quelques années, puisque sa face B, Je suis fou, fut compilée sur Québec dans le vent Vol. 1. Et quelle chanson. Je suis fou présente des sonorités de clavier à tendance dissonantes uniques chez François Carel. Le rythme schizophrène oscillant entre jerk et rythmn and blues appuie clairement le propos de la chanson. Une telle audace et un tel anti-conformisme musical, présentés avec autant de génie, n'avaient probablement jamais été entendu à ce moment, au Québec. Malheureusement, ce disque demeure son plus rare.

Sa face A, Cécile, est un peu moins audacieuse.

Le dernier 45 tours que François Carel lance en 1967 comporte une excellente reprise de Papa's got a brand new bag de James Brown qui devient, en français, Papa dit que j'ai la rage... quel titre! Et le résultat n'est pas à négliger. Il s'agit d'une des meilleurs adaptations de chanson de James Brown qui ait été enregistrée au Québec. François Carel y ajoute sa touche de clavier dissonant avec une voix rocailleuse et le résultat est solide.
Intéressant à mentionner, cet enregistrement a été récupéré dans son intégralité et placé sur un album du chanteur yéyé Serges Turbide, lui attribuant ainsi l'interprétation. François Carel affirme que Turbide n'a pas contribué et n'était pas présent lors de l'enregistrement de cette chanson. Papa dit que j'ai la rage s'est également vue reprise au cours des années 80 par le groupe new wave québécois Ralph et Les Baronics.
Intéressant à mentionner, cet enregistrement a été récupéré dans son intégralité et placé sur un album du chanteur yéyé Serges Turbide, lui attribuant ainsi l'interprétation. François Carel affirme que Turbide n'a pas contribué et n'était pas présent lors de l'enregistrement de cette chanson. Papa dit que j'ai la rage s'est également vue reprise au cours des années 80 par le groupe new wave québécois Ralph et Les Baronics.

Sa face B, Personne,donne dans le rythmn and blues avec un rythme plus générique.

En 1968, Carel lance son dernier disque en tant que chanteur sur étiquette Carrousel. Dansez, dansez sera sa dernière contribution en tant qu'artiste au répertoire soul et rythmn and blues du Québec. Mais il s'agit, encore une fois, d'un excellent morceau, d'une rare qualité. Si on compare cette chanson avec la production musicale moyenne au Québec, il demeure nettement au-dessus de la mêlée.

Tu es partie, une ballade sommes toutes intéressante, se retrouve en face B.
En 1969, François Carel lance un 45 tours sur étiquette Vedettes avec une facture beaucoup plus pop et moins originale. La chanson Les Balançoires connaîtra tout de même un certain succès et lui permettra un passage à la télévision qu'on peut aujourd'hui voir sur youtube.
Il lance un autre 45 tours en 1970 sur étiquette Succès du jour, mais il s'agit effectivement de simples reprises de succès du moment. D'ailleurs, Carel lance deux albums 33 tours, vers 1968, comprenant uniquement des reprises instrumentales de succès de l'heure menées par son piano ou son orgue. Rien de très original ici, mais l'histoire de ces deux disques jumeaux reste très intéressante. Vous pouvez la lire sur Psyquébélique.
François Carel, l'homme de studio
En tant que compositeur, arrangeur et réalisateur, François Carel a commis des 45 tours sans pareil, tous teintés de sa touche rythmn and blues unique et souvent de son style de piano/orgue unique. Il a d'ailleurs travaillé avec un nombre impressionnant de compagnie de disques: Carrousel, Playboy, Trans-Canada, Vedettes, RCA, Révolution, Cansusa, Jupiter, Chart On et Sonore.
De 1967 à 1970, il se joint même à l'orchestre de Pierre Nolès, populaire arrangeur et compositeur québécois. À vrai dire, Pierre Nolès est derrière des dizaines, voire des centaines, de disques lancés au Québec au cours des années 50 à 70. François Carel apparaît donc de manière complètement anonyme sur plusieurs enregistrements populaires de cette période.
Il se démarque également sur scène en tant que chef d'orchestre pour la tournée Musicorama et en tant que musicien sur la tournée Starovan. Il commence également à accompagner des artistes en concert. Ainsi, il accompagne Pierre Lalonde, Jenny Rock, Rosita Salvador et plusieurs autres.
Selon François Carel, entre 1967 et 1970, il aurait participé de près ou de loin à environ 80% de toute la production musicale populaire québécoise. C'est immense. Que ce chiffre soit exact ou non, on comprend qu'on commence à peine à comprendre l'ampleur de la production musicale de Carel, ainsi que l'importance qu'il a pu avoir dans la développement de notre musique.
Fait intéressant, Carel recrute régulièrement de jeunes musiciens qu'il amène en studio et pour qui il produit des 45 tours. Il se fait ainsi découvreur de talent.
Ses premières productions musicales semblent être lancées sur étiquette Playboy, autour de 1966. Écoutez Mondo PQ pour en découvrir quelques unes.
Ses réalisations pour l'étiquette Carrousel est la plus imposante. Du rythmn and blues, au garage cru, à la pop et au sweet soul, il démontre ici la variété de sa palette de création en tant qu'homme de studio. Il travaille entre autres avec Maxime (futur Jean Nichol), Serge Blouin, Marc Hamilton, Jules et Jim (futur Michel Stax), Gil Patrick et Les Mustangs, Gloria, André Jean, Samuel, etc. Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Carrousel
Carel travaille également pour la mythique étiquette garage et psychédélique Sonore, avec les groupes Les Makadams, Les Héritiers (futurs membres d'Offenbach) et Les Gamines. Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Sonore
Certaines des productions les plus surprenantes et étoffées de Carel se sont retrouvées sur des disques des étiquettes Trans-Canada. Il y fait un travail psychédélique avec Nycole (Martin) et Frédéric et ajoute sa touche de soul et de funk au catalogue de Michèle Richard et des Classels! Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Trans-Canada
En entrevue, Carel nous apprenait également qu'il a travaillé auprès de Tony Roman, sur étiquette Canusa. Quoi que nous n'ayons pas encore retrouvé de 45 tours sur cette étiquette précise qui le mentionne dans les crédits (il faisait probablement partie d'un orchestre de studio anonyme), on sait toutefois qu'il réalise un 45 tours de la mystérieuse chanteuse Clara pour l'étiquette Révolution, de Tony Roman, autour de 1969. À écouter ici: François Carel chez Révolution
Le disque le plus fou et à la fois le meilleur que François Carel ait produit, à mon sens, est celui du tout aussi obscure Claude Delessep, réalisé pour le compte de la compagnie RCA. Groovy psychédélique, fuzz graisseux et paroles ti-popistes... Wow! On dirait presque Charlebois sous un pseudonyme! Écoutez ça en cliquant juste en dessous: François Carel chez RCA
Sa seconde carrière musicale
Au début des années 70, François Carel découvre l'industrie du piano-bar. D'abord invité au Saguenay-Lac-St-Jean, il se retrouve rapidement à remplacer Pierre Roche dans un grand hôtel de Québec, puis à s'impliquer corps et âme dans cette carrière. Il développe un concept incluant plusieurs synthétiseurs et claviers, lui permettant d'être un homme-orchestre moderne.
C'est au cours de cette période qu'il change son nom d'artiste. Il commence à se faire connaître sous le nom Jean-Françcois Carel. Il réalise d'ailleurs quelques disques sous ce nom, avec l'orthographe "Jan François". On le retrouve entre autres à la réalisation et composition du sulfureux morceau d'Éloïse L'amour avec toi et de la Neil Diamondesque chanson de Marc-Antoine, Ton sourire. Écoutez les productions musicale de François Carel, alias Jan-François
La Floride
Au début des années 80, Carel vend tout ce qu'il possède et part pour la Floride, accompagné de son seul clavier. Il évolue là-bas dans le monde du piano-bar durant plusieurs années, avant de revenir s'établir au Québec. De nos jours, il ne touche pratiquement plus au piano.
Un génie réhabilité
Cet article prouve donc que François Carel est un génie oublié de l'histoire du Québec. Un chaînon manquant de notre histoire musicale. Un musicien et homme de studio dont l'étendue de la production musicale demeure insoupçonnée et sous-estimé. C'est une immense fierté pour le blogue Vente de garage de contribuer à réhabiliter François Carel dans notre patrimoine musical. Je remercie également Alain Létourneau, qui a mis M. Carel au courant que nous le recherchions, ainsi que mes estimés collègues Sébastien Desrosiers, Mimi La Twisteuse et Simon Leclerc. Mais surtout, du fond du coeur, un énorme merci à M. François Carel qui a accepté de nous rencontrer et de nous livrer ses souvenirs, après toutes ces années de silence.
****
François Carel is one of Quebec's most obscure and underrated rythmn and blues geniuses. He could easily be described as Quebec's Ramsey Lewis for his jazzy piano à gogo, solid modish rythmns and popish jerk tunes. His Farfisa organ also is easily recognizable in his productions. He was a singer, songwriter, arranger and producer. Because of this article, Carel resurfaced and ended 40 years of silence about his career.
Starting in 1967, he launched a string of five killer 45s on the Carrousel label. He was 20 years old at that moment. From the highly Ramsey Lewis influenced Montreal '67 to his James Brown cover of Papa's got a brand new bag (Papa dit que j'ai la rage) and up to his weirdest/coolest composition Je suis fou, which was comped on Quebec dans le vent a few years back, he always had a great groove going with a unique touch. Make sure you listen to all of his 45s on Carrousel, even the B sides.
He also worked with tons of other artists, either as a composer, arranger or producer. Among them, Michèle Richard, Nycole et Frédéric, André Jean, Les Gamines, Les Makadams, Les Héritiers and Jimmy Bond, just to name a few. Some of these artists will soon be featured on Vente de garage's serie Québec Soul.
François Carel really is one of the unsung heroes of sixties music in Quebec. A true genius.
En tant que compositeur, arrangeur et réalisateur, François Carel a commis des 45 tours sans pareil, tous teintés de sa touche rythmn and blues unique et souvent de son style de piano/orgue unique. Il a d'ailleurs travaillé avec un nombre impressionnant de compagnie de disques: Carrousel, Playboy, Trans-Canada, Vedettes, RCA, Révolution, Cansusa, Jupiter, Chart On et Sonore.
De 1967 à 1970, il se joint même à l'orchestre de Pierre Nolès, populaire arrangeur et compositeur québécois. À vrai dire, Pierre Nolès est derrière des dizaines, voire des centaines, de disques lancés au Québec au cours des années 50 à 70. François Carel apparaît donc de manière complètement anonyme sur plusieurs enregistrements populaires de cette période.
Il se démarque également sur scène en tant que chef d'orchestre pour la tournée Musicorama et en tant que musicien sur la tournée Starovan. Il commence également à accompagner des artistes en concert. Ainsi, il accompagne Pierre Lalonde, Jenny Rock, Rosita Salvador et plusieurs autres.
Selon François Carel, entre 1967 et 1970, il aurait participé de près ou de loin à environ 80% de toute la production musicale populaire québécoise. C'est immense. Que ce chiffre soit exact ou non, on comprend qu'on commence à peine à comprendre l'ampleur de la production musicale de Carel, ainsi que l'importance qu'il a pu avoir dans la développement de notre musique.
Fait intéressant, Carel recrute régulièrement de jeunes musiciens qu'il amène en studio et pour qui il produit des 45 tours. Il se fait ainsi découvreur de talent.
Ses premières productions musicales semblent être lancées sur étiquette Playboy, autour de 1966. Écoutez Mondo PQ pour en découvrir quelques unes.
Ses réalisations pour l'étiquette Carrousel est la plus imposante. Du rythmn and blues, au garage cru, à la pop et au sweet soul, il démontre ici la variété de sa palette de création en tant qu'homme de studio. Il travaille entre autres avec Maxime (futur Jean Nichol), Serge Blouin, Marc Hamilton, Jules et Jim (futur Michel Stax), Gil Patrick et Les Mustangs, Gloria, André Jean, Samuel, etc. Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Carrousel
Carel travaille également pour la mythique étiquette garage et psychédélique Sonore, avec les groupes Les Makadams, Les Héritiers (futurs membres d'Offenbach) et Les Gamines. Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Sonore
Certaines des productions les plus surprenantes et étoffées de Carel se sont retrouvées sur des disques des étiquettes Trans-Canada. Il y fait un travail psychédélique avec Nycole (Martin) et Frédéric et ajoute sa touche de soul et de funk au catalogue de Michèle Richard et des Classels! Écoutez le tout en suivant le lien suivant: François Carel chez Trans-Canada
En entrevue, Carel nous apprenait également qu'il a travaillé auprès de Tony Roman, sur étiquette Canusa. Quoi que nous n'ayons pas encore retrouvé de 45 tours sur cette étiquette précise qui le mentionne dans les crédits (il faisait probablement partie d'un orchestre de studio anonyme), on sait toutefois qu'il réalise un 45 tours de la mystérieuse chanteuse Clara pour l'étiquette Révolution, de Tony Roman, autour de 1969. À écouter ici: François Carel chez Révolution
Le disque le plus fou et à la fois le meilleur que François Carel ait produit, à mon sens, est celui du tout aussi obscure Claude Delessep, réalisé pour le compte de la compagnie RCA. Groovy psychédélique, fuzz graisseux et paroles ti-popistes... Wow! On dirait presque Charlebois sous un pseudonyme! Écoutez ça en cliquant juste en dessous: François Carel chez RCA
Sa seconde carrière musicale
Au début des années 70, François Carel découvre l'industrie du piano-bar. D'abord invité au Saguenay-Lac-St-Jean, il se retrouve rapidement à remplacer Pierre Roche dans un grand hôtel de Québec, puis à s'impliquer corps et âme dans cette carrière. Il développe un concept incluant plusieurs synthétiseurs et claviers, lui permettant d'être un homme-orchestre moderne.
C'est au cours de cette période qu'il change son nom d'artiste. Il commence à se faire connaître sous le nom Jean-Françcois Carel. Il réalise d'ailleurs quelques disques sous ce nom, avec l'orthographe "Jan François". On le retrouve entre autres à la réalisation et composition du sulfureux morceau d'Éloïse L'amour avec toi et de la Neil Diamondesque chanson de Marc-Antoine, Ton sourire. Écoutez les productions musicale de François Carel, alias Jan-François
La Floride
Au début des années 80, Carel vend tout ce qu'il possède et part pour la Floride, accompagné de son seul clavier. Il évolue là-bas dans le monde du piano-bar durant plusieurs années, avant de revenir s'établir au Québec. De nos jours, il ne touche pratiquement plus au piano.
Un génie réhabilité
Cet article prouve donc que François Carel est un génie oublié de l'histoire du Québec. Un chaînon manquant de notre histoire musicale. Un musicien et homme de studio dont l'étendue de la production musicale demeure insoupçonnée et sous-estimé. C'est une immense fierté pour le blogue Vente de garage de contribuer à réhabiliter François Carel dans notre patrimoine musical. Je remercie également Alain Létourneau, qui a mis M. Carel au courant que nous le recherchions, ainsi que mes estimés collègues Sébastien Desrosiers, Mimi La Twisteuse et Simon Leclerc. Mais surtout, du fond du coeur, un énorme merci à M. François Carel qui a accepté de nous rencontrer et de nous livrer ses souvenirs, après toutes ces années de silence.
****
François Carel is one of Quebec's most obscure and underrated rythmn and blues geniuses. He could easily be described as Quebec's Ramsey Lewis for his jazzy piano à gogo, solid modish rythmns and popish jerk tunes. His Farfisa organ also is easily recognizable in his productions. He was a singer, songwriter, arranger and producer. Because of this article, Carel resurfaced and ended 40 years of silence about his career.
Starting in 1967, he launched a string of five killer 45s on the Carrousel label. He was 20 years old at that moment. From the highly Ramsey Lewis influenced Montreal '67 to his James Brown cover of Papa's got a brand new bag (Papa dit que j'ai la rage) and up to his weirdest/coolest composition Je suis fou, which was comped on Quebec dans le vent a few years back, he always had a great groove going with a unique touch. Make sure you listen to all of his 45s on Carrousel, even the B sides.
He also worked with tons of other artists, either as a composer, arranger or producer. Among them, Michèle Richard, Nycole et Frédéric, André Jean, Les Gamines, Les Makadams, Les Héritiers and Jimmy Bond, just to name a few. Some of these artists will soon be featured on Vente de garage's serie Québec Soul.
François Carel really is one of the unsung heroes of sixties music in Quebec. A true genius.






4 commentaires:
Encore une fois, un excellet topo qui nous illustre l'oeuvre tentaculaire de Carel. Un talent fou, tristement sous-estimé.
Pour l'anecdote, Carel a tout de même participé à l'imposante tournée Starovan de l'automne 1967. Je t'achemine quelques infos/photos supplémentaires à propos de ses débuts comme musicien.
Bravo Félix.
Chapeau. C'est l'article qui enterra tout les autres articles. Je m'incline.
PS: J'ai un 45t qu'il a fait sur Vedette (Notre Rendez-vous), tu connaissais ?
Merci Simon! Yes, je l'ai déjà eu aussi... j'ai mis seulement le vidéo des Balançoires, l'autre face de Notre rendez-vous :)
Article intéressant. François carel a trois chansons de listées dans le « Palmarès reconstitués de la chanson au Québec du site » de la BAnQ.
http://www2.banq.qc.ca/palmares/2010-Franco/Franco-Compilation_succes_ordre_alpha_interpretes.pdf
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